Trail des Templiers 2015, rapport de course de Olivier

12/11/2015 08:58
Cette année, plusieurs Tri Blinois étaient présent au Trail des Templiers. Voici comment Olivier a vécu son premier grand trail ...
 
LES TEMPLIERS 2015
 
L'aventure commence un soir d'automne 2014. Je m'étais déjà mi en tête de faire l'Ironman de Vichy 
mais j'avais envie d'un autre défi sur la fin de l'année. C'est alors que Tonio m'indique qu'il 
participera au Grand Trail des Templiers en 2015 avec Stéph et des copains de Petit Mars. Et me 
voici inscrit à cette épreuve dont Olivier m'a souvent parlé et qui semble magnifique pour ce qui 
sera mon 1er trail.
C'est ainsi que je me retrouve chez Stéph' vendredi 23 octobre au matin en train de charger mes 
affaires dans son combi avec Francis qui sera également du voyage : direction Millau. Nous 
arrivons le vendredi en fin d'après-midi au camping où nous installons notre campement au bord du 
Tarn où les canards font trempette. Leurs cancanements nous serviront de réveil le lendemain !
Samedi matin, nous allons retirer nos dossards dans les barnums dressés pour l'occasion et qui 
reçoivent le salon du trail. Après avoir retiré nos dossards, nous déambulons dans les allées. 
L'ambiance est très sympa. Après être allé voir le départ des épouses de l'équipe de Petit Mars 
l'après-midi, nous préparons nos affaires pour le lendemain. Juste avant le coucher, une ultime 
interrogation : comment s'assurer que le téléphone sonne à la bonne heure compte tenu du passage à 
l'heure d'hiver à venir. Une erreur pourrait nous faire manquer le départ (n'est-ce pas Ludo?). Nous 
nous endormons sereinement comme il sied à tout participant qui sait qu'il est trop peu préparé pour 
une course.
Le réveil n'a pas le temps de sonner puisque nous nous éveillons  10 minutes avant que la sonnerie 
ne retentisse. On s'habille, on déjeune d'une part de gâteau énergétique et de café et nous voici parti 
vers la ligne de départ. Nous arrivons vers 5h pour un départ prévu à 5h15. Nous voulions nous 
mettre au début du sas 2 afin de limiter les embouteillages mais, à notre arrivée, les concurrents sont 
déjà nombreux et nous nous incrustons difficilement vers la fin de ce 2ème sas.
Soudain, la musique d'Era se fait entendre et les conversations cessent : le départ est imminent. Le 
décompte des 10 dernières secondes est réalisé par le speaker qui donne le top départ. C'est alors 
qu'une dizaine de fumigènes illuminent la nuit et nous montrent le chemin à suivre : l'aventure 
commence.
Les premiers kilomètres se font dans une foule compacte sur 1 route puis un chemin large et nous 
remontons petit à petit la colonne. La 1ère difficulté arrive et, avec elle, les 1ers bouchons. Nous 
alternons marche et course en fonction du trafic. A ce jeu, Francis prend un peu d'avance sur nous. 
Au sommet de la côte, nous retrouvons Francis et des chemins roulants. Nous avons été prévenus 
que les 25 premiers kilomètres sont assez faciles. Les difficultés commencent après le 2ème 
ravitaillement au 47ème. Nous continuons à un petit rythme et c'est ainsi que nous arrivons groupé 
au 1er ravitaillement. Nous y voyons Pascale qui nous indique que Tonio n'est pas encore passé. En 
fait, quelques secondes plus tard, il traversera en trombe le ravitaillement sans s'arrêter en bon 
Rhino ! Après avoir fait le plein, nous repartons. Les sentiers se font plus étroit. C'est l'endroit que 
je choisis pour une belle frayeur : sur un sentier monotrace, je bute dans une racine et, déséquilibré, 
je percute un arbre avec le bras avant de l'enlacer pour ne pas tomber dans la pente : je suis prévenu, 
le moindre faux pas peut coûter cher sur cette course. Le tracé se fait plus accidenté et, à la relance, 
je ne peux suivre mes 2 comparses qui prennent de l'avanc. Une fois l'ascension terminée, c'est 
l'heure du 2ème ravitaillement où je rejoins Francis et Stéph' qui m'attendent ainsi que Christian, le 
frère de Francis qui assure la logistique, merci à lui. Puis nous repartons pour une partie roulante où 
je ne peux pas suivre le rythme de mes 2 acolytes. Puis vient le moment d'attaquer la première 
grande descente qui précède le point d'eau. Dans cette descente, je sens progressivement mon genou 
gauche devenir douloureux puis se bloquer : maintenant, c'est sûr, je ne sais pas descendre ! 
J'effectue donc la fin de cette descente en clopinant et en me faisant dépasser par des vagues de 
concurrents. Sachant que les difficultés n'ont pas commencé, je commence à m'interroger sur mes 
possibilités de terminer. Arrivé au point d'eau, je me pose même sérieusement la question d'arrêter 
là. Mais quelques textos échangés avec mes chéries restées à la maison ont tôt fait de me relancer : 
j'irai jusqu'au bout sauf à être mis hors délai !
C'est avec un moral regonflé que j'attaque la remontée. A ma grande surprise, je ne sens pas de 
douleur en ascension. Cela me conforte dans ma volonté de terminer. Une fois l'ascension terminée, 
c'est l'heure du 3ème ravitaillement où je retrouve Christian qui me dit que Francis et Stéphane ont 
une bonne dizaine de minutes d'avance. Comme les difficultés doivent commencer, je prends mes 
bâtons de marche. Après avoir  à nouveau rechargé les batteries, je repars. Il reste une trentaine de 
kilomètres. Les paysages sont magnifiques et le public est présent et nous encourage à chaque 
traversée de village ou de hameau.
La descente vers le 2ème point d'eau me semble interminable et je commence à doubler. Certains 
concurrents commencent à peiner. Comme les sentiers sont étroits, c'est e file indienne que nous 
finissons par atteindre le second point d'eau avant d'attaquer la montée de la Cale : 3km de longueur 
et une forte pente. Par moments, nous passons des marches de pierre de plus de 60cm de haut. C'est 
dur. Je double des concurrents qui récupèrent sur le côté. Au vu du profil du parcours, je me dis 
qu'une fois que ce sera fait, le plus dur sera derrière moi : il n'en est rien. Au sommet, je trottine sur 
la portion plane jusqu'au ravitaillement. En échangeant avec un bénévole (que des gens souriants et 
disponibles : géniaux!), j'apprends qu'il ne reste pas 5 mais 7,5km à faire avec 2 descentes et 1 
montée. Il me précise que la 1ère descente est très technique et que la montée, pour plus courte que 
la précédente qu'elle soit, n'en est pas moins difficile. Moi qui me croyais tiré d'affaires, c'est raté. Je 
repars vers cette folle descente en constatant que je n'arriverai pas avant la nuit. Je fais la descente 
de jour tout de même et heureusement ! Une bonne partie consiste en une pente très raide tapie de 
pierres instables. Il a beau y avoir une corde, nous passerons tous à un moment sur les fesses dans 
cette portion. Nous amorçons ensuite la remontée. Comme la pénombre est arrivée, je m'équipe de 
ma frontale. Je vois alors passer une colonne de 30 ou 40 trailers puisque nous nous suivons tous. 
Cette dernière ascension me semblera interminable. Il fait nuit et elle débute en sous-bois. Nous 
arrivons ensuite sur 1 partie moins pentue sur laquelle nous longeons le ravin sur 1 sentier de 
queleques dizaines de centimètres de large. La vigilance est de mise pour ne pas chuter. Enfin, la 
montée finale se rapproche de l'escalade avec des marches en pierre de hauteur variables qui 
m'amène à utiliser les mains pour assurer ma montée. Nous effectuons toujours cette ascension en 
file indienne jusqu'à atteindre une antenne relais. Ce sera ensuite la dernière descente (pas simple 
mais on sait qu'au bout c'est fini). Qu'elle semble longue ! Nous traversons une grotte où l'on nous 
indique qu'il reste 2 kilomètres. Il y a déjà un moment que nous entendons les speakers mais nous 
n'y sommes pas encore. Le dernier kilomètre sera plus facile en descente mais reste piégeux. A 
500m de l'arrivée, le concurrent qui me précède chute en glissant sur des cailloux. Nous l'aidons à 
se relever afin de terminer avec le trailer qui me suit depuis le début de la descente faute de frontale 
à sa disposition.
Nous voyons la lumière de l'arrivée. Il reste 2 virages, le public est là qui nous applaudit. Une 
dernière épingle, quelques marches et c'est fait le Grand Trail des Templiers est terminé. Quelle 
course !